Le plan d’Uber pour le monde d’après les chauffeurs (contenu en anglais)
Consulter l’article complet
Entre les courses, les chauffeurs Uber étiquettent des données d’entraînement pour l’IA – et forment ainsi simultanément leur propre remplacement.
Intérêt de la source
Cet entretien avec le PDG Dara Khosrowshahi est avant tout de la communication corporative, à lire avec la distance que ça impose. Ce qui en vaut néanmoins la peine, ce sont deux détails concrets qui sortent du discours habituel sur la transition vers l’autonomie.
Le premier est le plus saisissant : entre les courses, les chauffeurs Uber font déjà de l’annotation de données pour entraîner des modèles d’IA. L’entreprise prévoit des centaines de millions en revenus de cette activité cette année, potentiellement un milliard bientôt. C’est l’augmentation-washing documenté dans ses chiffres : les travailleur·euses dont le métier sera automatisé financent et entraînent simultanément cette automatisation, sans que le discours public d’Uber sur « les humains qui s’ajustent pour apporter plus de valeur » en rende compte honnêtement.
Le second est la structure de marché prévue, concrète et peu commentée ailleurs : dans les grandes villes, des investisseurs institutionnels comme Blackstone posséderont les flottes; en banlieue, des petits entrepreneurs exploiteront 2 à 20 véhicules; l’individu qui monétise son propre véhicule restera une niche de type « super hôte ». Ce n’est pas une projection spéculative – c’est la feuille de route opérationnelle d’une entreprise qui gère déjà 200 milliards de dollars en réservations annuelles.
À suivre : Le discours de Khosrowshahi sur les chauffeurs qui « s’ajustent pour apporter plus de valeur » reproduit mot pour mot le registre que Fox et Shorey (Comment l’augmentation-washing dissimule l’automatisation du travail) identifient – sans préciser ni le nombre ni la rémunération des nouveaux rôles.

[The flexible labor ecosystem is] one of our fastest growing businesses. It’ll hit the hundreds of millions we think this year. And then beyond that, we think this can be another billion-dollar business for us.